“ Protégés
de Ra ! L’heure est venue de démontrer toute ta dévotion...”
On voyait
un nuage à l’horizon clair interrompant brusquement les paroles du
commandant suprême. Le vent renvoyait le son de centaines de
hennissements et de trots pressés. Ramsès et ses soldats se fixèrent
dans les formes troubles des chevaux tirant des
chars légers composés d’un guide et d’un archer avançant
à un rythme hallucinant. Le bonheur en reconnaissant la troupe de
renfort se reflétait sur tous les visages et tous les gestes des
soldats, cependant ne dura pas longtemps. Les doutes surgirent sur le
visage du souverain en notant que la troupe ne démontrait pas
l’intention de diminuer la course à toute allure. Les yeux du pharaon
devinrent plus vifs, plus incrédules en dévoilant la vérité menaçante.
L’unité de Ra décimée, composé de survivants en fuite désespérée,
arriva, avança et se précipita sur les centaines de tentes qui étaient
installées. Le chaos s’abattit sur tous dans le campement. La folie
était armée et dans la poursuite de l’unité effrénée il y a avait
la furie de milliers de chars hittites. Comme ils étaient plus lourds,
car ils portaient un conducteur et deux archers, les chars de la
poursuite étaient moins rapides en déviant ce qui se trouvait sur leur
chemin. L’horreur envahit le campement de sang. Les cris étaient écrasés
par les casques et les roues furieuses et par les épées et les lances
sauvages.
Le
souverain ordonna de donner l’alerte, mais les trompettes avaient résonné
trop tard. Sans se rendre au désespoir, il monta sur son char et se mit
la poitrine ouverte face à son destin. Il donna des ordres aux archers
et tireurs de lances égyptiens de répondre à l’attaque, malgré la
présence de ses propres forces mélangées aux adversaires. Le ciel
s’assombrit d’une pluie de flèches lancées des deux côtés. Les
soldats égyptiens se lancèrent à la recherche de tout ce qui était
à leur portée pour s’en servir de bouclier contre la mort certaine.
Ils empoignaient les épées, mais les lances des opposants les
atteignaient par derrière. Au cours de la lutte, le pharaon fut éjecté
de son char par un soldat, mais Ra, dieu Soleil, était là avec sa
protection divine. L’ennemi, en essayant de frapper le roi tombé par
terre, fut temporairement aveuglé par la lumière du soleil reflétée
sur le bracelet en or du pharaon, qui avait mis son bras en position de
défense. Rapidement, Ramsès réagit en prenant une lance et la planta
de toute sa rage dans la poitrine de l’agresseur.
Le combat
sanglant et confus ne donnait aucune notion quand il se terminerait.
Dans l’une des tentes, Caius et le grec se faisaient attaquer par un
groupe de guerriers qui voulaient emporter le messager divin comme trophée.
Leurs espions les avaient informés de sa présence.
L’ami
savant essaya de protéger Caius, mais fut touché sur la tête par
derrière, s’effondrant par terre. Le jeune homme en leur pouvoir, les
hittites sortirent de la tente, mais furent surpris par l’architecte
commandant trois hommes.
Saary
lutta avec tout son courage et durant la confusion les ravisseurs
finirent par perdre le jeune homme. L’un d’eux poursuivit le jeune
pour essayer de le tuer. Il réussit à l’attraper, mais avant de
donner le coup final, vit le scarabée au cou de sa victime sans défense.
Il se moqua de l’amulette, disant qu’elle ne lui avait pas porté
bonheur, puisqu’il aurait pu mourir, mais quand il partit pour l’exécution,
Héraclite, qui s’était déjà remis du coup, réussit à planter sa
lance dans l’hittite, sauvant ainsi le messager de Ra.
Les hittites dispersèrent la division d’Amon, cependant, au lieu de
la décimer, ils ne résistèrent pas à une telle quantité d’or dans
le campement et commencèrent le pillage.
Les
yeux aveuglés par le gain, les pilleurs laissèrent échapper le plus
important de tous les prix : capturer ou tuer Ramsès II et les nobles
de haut échelon de l’Egypte. Ils auraient pu aussi avoir détruit
tous les chars restants et autres forces de l’armée égyptienne et
empêcher ainsi ce qui viendrait ensuite.
Ce
fut la chance que les dieux donnèrent au pharaon. Tandis que
l’infanterie de l’Egypte luttait férocement contre les hittites,
Ramsès réunit ses archers dans leurs chars en dehors du campement et
relança l’attaque. Les hittites, désorganisés et désespérés sous
une dense masse de flèches, battirent en retraite.
Le
campement pratiquement détruit resta sans défense. Ce fut l’occasion
pour qu’une nouvelle force hittite composée de 1.500 chars traverse
le fleuve et se mette à attaquer. Commandées par les nobles comme les
rois d’Aleppo et de Karkemish, deux frères du roi de l’empire
hittite, Mouwattali 20,
les
nouveaux combattants avançaient, confiants, comme s’ils étaient
accompagnés par la certitude de la victoire.
Ce
fut à ce moment-là que surgit la cavalerie de l’Egypte, les Ne'arin.
Cette force avait était demandée en secret par Ramsès pour se joindre
au corps principal de l’armée égyptienne dans le but de
s’approcher de Kadesh par l’ouest. Avec cette troupe, le campement
fut sauvé et les forces adverses furent déroutées, laissant beaucoup
d’ennemis abattus sur le champ de bataille.
Les hittites, ne pouvant plus se défendre, abandonnèrent les armes et
se mirent à essayer de traverser le fleuve Rontes pour échapper à la
furie du pharaon qui revenait et se joignait à la troupe libératrice.
Les montures des hittites s’inclinaient en arrière niant le
commandement de ceux qui les portaient, dominés par la peur.
Ramsès ne concéda aucune trêve et leur fit de plus en plus pression
avec de nouvelles attaques. Des milliers d’hommes étaient piétinés
et noyés par la foule de compagnons. Le fleuve se trempait de corps aux
expressions chargées d’abattement pur. Petit à petit, il ne restait
plus aux hittites, qui se tenaient en sécurité de l’autre côté du
fleuve, que de récupérer leurs guerriers et les nobles fragilisés. Le
pharaon observait avec soulagement le retrait en masse de cette armée
extraordinaire et maligne qui l’extermina presque. Son visage se
remplit d’orgueil en voyant le triste sauvetage, de l’autre côté
du fleuve, du roi d’ Aleppo que ces compatriotes maintenaient la tête
en bas pour le vider de l’eau qu’il avait avalée.
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Lis
un autre livre :

Caius
Zip dans:
Einstein,
Picasso,Chaplin et Agatha
