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EINSTEIN ET PICASSO

      

 

Science et Art ?

 

 

  

Einstein et Picasso pensaient que l’art et la science étaient des moyens d’explorer les mondes au-delà des perceptions, au-delà des apparences. 

Pour cela, ils utilisèrent la créativité et l’intuition 

 

 

                

 

 

Lis un passage du livre 

CAIO ZIP DANS :

EINSTEIN, PICASSO, AGATHA et CHAPLIN

 

 

 


Au début du 20ème siècle, une révolution se produisit simultanément dans les arts et dans les sciences physiques.

D’un côté, Pablo Picasso détruisit la rigidité de la perspective classique, à l’aide du cubisme, redécouvrant une nouvelle manière d’interpréter la réalité.

 

Le cubisme présente les objets tels qu’ils sont conçus par l’esprit. Le peintre cubiste peint ce qui existe et non la manière dont il le voit.

 


A cette époque, Albert Einstein détruisait la rigidité de la conception newtonienne d’espace et temps, montrant que les mesures de distance et de temps ne sont pas absolues, indépendantes de l’état de mouvement de celui qui les fait, mais plutôt dépendantes du mouvement relatif parmi les observateurs. C’était sa nouvelle manière d’interpréter la réalité.



Etant donnée la proximité dans les dates (le tableau de Picasso 'Les Demoiselles D'Avignon' est de 1907, et la théorie de la relativité spéciale d’Einstein est de 1905), il est naturel de supposer une influence de la physique dans les arts
.

 

 

Les Demoiselles  

 la solution de Picasso pour le problème de la représentation quadridimensionnelle

 


Le tableau représente cinq prostituées dans un bordel. Les deux femmes placées à droite ont des visages aux traits si accentués qu’elles paraissent porter des masques. La forme du nez et des nervures faciales élaborées dans une série de dessins nous rapportent, nécessairement, aux masques africains. 

 

 

 


Dans un livre, 'Einstein, Picasso : Espace, Temps et la Beauté qui provoque la Confusion', Arthur I. Miller,  professeur d’histoire et philosophie de Science à « University College London », évalue ce thème, offrant une explication très plausible pour l’apparente coïncidence de dates.


Selon Miller, il n’y a pas eu, en réalité, une influence directe entre les oeuvres d’Einstein et de Picasso

 

Toutes deux font partie d’une profonde transformation culturelle qui se produisait déjà au début du siècle, dont le plus important centre d’attention était justement le questionnement que nous ne pouvons pas nous limiter seulement à nos sens pour comprendre la réalité.

 

Picasso étudiait des formes et des images vues en même temps sous plusieurs angles différents, car, lorsqu’un observateur regarde une statuette, par exemple, il est conscient de l’existence non seulement du volume de l’objet, mais aussi de ses autres angles.

 

 Et le plus important : il n’existe pas de statue instantanée.

Sinon, comment pourrait-elle bouger dans l’espace ?

 

Pour qu’une matière existe, elle a besoin, en plus des trois dimensions, de la quatrième dimension, le temp

 

 

Et si le temps peut être considéré comme une quatrième dimension, on peut alors considérer l’existence d’un nouveau concept appelé espace-temps.




Avec le cubisme, Picasso a essayé de représenter tous les aspects d’un objet, comme si nous pouvions voir le devant et le dos d’une personne en même temps, nous transformant en observateurs d’une quatrième dimension spatiale.

Quant à Einstein, dans sa théorie de la Relativité spéciale, a montré que les observateurs avec un mouvement relatif entre eux, par exemple, une personne debout sur un trottoir et une autre passant en voiture, obtiendront des résultats différents en mesurant les distances et les intervalles de temps.

Si la personne debout sur le trottoir tient une règle d’un mètre à l’horizontal (mesurée par elle), la personne passant en voiture verra cette règle un peu plus courte.



Nous ne nous apercevons pas de cela, car ces effets ne deviennent importants qu’aux vitesses proches de la vitesse de la lumière, de 300 mille kilomètres par seconde.

Le contraire se produit avec le temps : pour l’observateur passant en voiture, une montre dans la main d’une personne sur le trottoir bat plus lentement, c’est-à-dire, le passage du temps est dilaté. Einstein conclut que temps et espace sont des manifestations conjointes de la réalité physique.

Quelques années plus tard, il apparut clairement que la Relativité traite le temps comme une quatrième dimension.

Picasso et Einstein ont été influencés par le mathématicien français Henri Poincaré qui, au début du siècle, a proposé que la géométrie qui décrit la réalité n’était pas la seule dans le livre 'Science et Hypothèse', publié en allemand en1904.

Mais Picasso a-t-il lu Poincaré?

Picasso vivait avec un groupe animé d’artistes et dans ce cercle d’amitiés il y avait un homme – un actuaire, appelé Maurice Princet – qui étudiait les mathématiques avancées comme passe-temps. 

 

Quel était le rapport de Princet avec ce groupe ?

L’une des plus importantes modèles et amies intimes de Picasso, Alice Géry, présenta au peintre son amant, Maurice Princet, qui voulait  faire de la peinture. Rapidement, Princet, accompagnée de sa maîtresse, commença à fréquenter les cafés avec les artistes. Plus tard, Alice devint son épouse afin qu’il puisse obtenir une promotion, car un homme marié, pour la société du XIXè siècle, donnait toujours un "aspect" plus fiable. 

A plusieurs occasions, Princet lisait Poincaré à Picasso et à ses amis. L’actuaire fréquentait l’atelier de Picasso à l’époque où le peintre créait Demoiselles.  Il discutait de géométrie et était opposé à la perspective classique.

 

Einstein et Picasso avaient des points communs dans leurs vies personnelles.

Le biographe John Richardson de Pablo Picasso cite un commentaire de Dora Maar, l’une des maîtresses de l’artiste :

 "Il y avait cinq facteurs qui déterminaient sa manière de vie et de la même manière son style : la femme de qui il était amoureux ; le poète, ou les poètes, qui servaient de catalyseur ; l’endroit où il vivait ; le cercle d’amis qui apportaient admiration et compréhension jamais suffisante ; et le chien qui était son compagnon inséparable." 

 

Picasso habita rue Ravignan 13 (un quartier pauvre, sans égout, sans lumière, sans gaz ni  pavement) dans le quartier de Montmartre. Cette maison s’appelait affectueusement de Bateau Lavoir car elle rappelait l’endroit que la mairie mettait à disposition des lavandières. A cette époque, 1907, lorsqu’il vivait avec sa maîtresse Fernande Olivier, il produit la toile Les Demoiselles d'Avignon.

Cette peinture fut à l’origine du cubisme. Grâce à elle, Picasso réussit à avoir une certaine notoriété et provoqua une grande polémique parmi les critiques, artistes et même chez ses amis proches.

 

A l‘exception du chien, la situation d’Albert Einstein était semblable à celle du peintre. 

 

En 1905, le scientifique et son épouse Mileva déménagèrent dans un immeuble pauvre au 49 Kramgasse, au centre de la vieille ville de Berne, en Suisse. Les amis proches d’Einstein à Berne étaient des employés civils obscurs comme lui, et certainement aucun d’entre eux n’avait eu d’indice, comme les amis de Picasso, sur l’idée plus que révolutionnaire qu’Einstein était sur le point de développer. Einstein  aimait fréquenter les réunions chez ses amis. Ces réunions furent baptisées Académie Olímpia, une forme irrévérente de ridiculiser les académies pompeuses.

Dans les grandes lignes, l’argumentation entre les historiens de l’art est que les racines du cubisme se trouvent dans Paul Cézanne et dans l’art primitif africain.

Cézanne utilisait des formes géométriques quand il peignait et affirmait voir dans la nature "le carré, la sphère et le cône". Ses dessins mettaient fin à la présentation traditionnelle d’un objet calquée sur la perspective. Ils montraient la figure dans plus d’une face, en la distordant subtilement. La distorsion de Cézanne n’est pas la distorsion expressionniste, mais une rupture de surface en plans obliques, une division des volumes, une nouvelle forme d’équilibre. 

 

Grâce aux cahiers de Picasso et de nombreux autres témoins, on sait que l’artiste  médita longuement sur la préparation de ce tableau. 

Dans ses ébauches, on trouve d’innombrables dessins, l’un d’eux surprenant car il est la projection d’un solide à quatre dimensions.

Dans toutes ses ébauches se révèle une recherche continue de la simplification d’éléments du corps humain, qui se rapprochent de figures géométriques simples. 

Finalement, on trouve des études de perspectives différentes et cet élément marquant du cubisme que Pablo Picasso et Georges Braque (1882-1963) rendirent si clair dans leurs oeuvres suivantes : la juxtaposition de différentes perspectives sur la même toile, révélant des points de vue distincts du même objet.

 

Le thème cubiste désigne un mouvement qui utilisait des figures géométriques (triangles, cubes ...) pour construire une image

 

Mais la créativité peut venir d’autres sources.

Pourquoi alors les racines du mouvement cubiste qui influença le plus l’art du XXè siècle, doivent-elles se trouver totalement dans l’art ? 

En élargissant notre point de vue des origines de Demoiselles de Picasso pur inclure la science, les mathématiques et la technologie, nous gagnons une introspection plus profonde de l’effort monumental de Picasso.

La théorie de la Relativité  et l’oeuvre Les Demoiselles représentent les réponses de deux mondes : Einstein et Picasso, bien que séparés géographiquement et culturellement provoquèrent des changements dramatiques qui amplifièrent la vision de la réalité

 

Il existe davantage de choses entre la science et l’art que peut supposer notre vaine philosophie.

 

 

 

 

 Poincaré ( 1854 -1912) 

 

Considéré l’un des précurseurs de la Relativité. 

 

Dans sa Science et Hypothèse, une oeuvre de réflexion philosophique et divulgation scientifique publiée en 1902, traduite en allemand en 1904, il explique comment “on peut représenter un monde à quatre dimensions, partant de l’analogie avec notre vision, qui nous projette dans la rétine un cadre à deux dimensions”. 

 

Nous savons que les objets ont trois dimensions, explique Poincaré, c’est pourquoi nous les voyons séquentiellement dans différentes perspectives. Ainsi, continue-t-il, “de la même manière que l’on peut faire dans un plan la perspective d’une figure à trois dimensions, on peut représenter une figure à quatre dimensions. Et l’on peut prendre plusieurs perspectives de points de vue différents, en nous donnant cette séquence de perspectives à la vision qu’aurait un être qui se déplacerait dans un espace à quatre dimensions”.

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